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Statistiques accessibilité numérique en France : 14,5 millions de personnes concernées
Accessibilité numérique : obligations, bonnes pratiques et opportunités pour vos interfaces (Partie 2)

Accessibilité numérique : qui sont vraiment les utilisateurs concernés ?



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        Dans le premier article L’accessibilité numérique : un enjeu clé pour les entreprises, nous avons abordé l’accessibilité sous l’angle légal et réglementaire. Si les lois évoluent pour imposer un cadre plus strict, respecter la norme ne suffit pas si l’on ne comprend pas la réalité des personnes qui naviguent chaque jour sur nos interfaces.

        L’accessibilité numérique n’est ni une option esthétique ni un sujet de niche : c’est la capacité d’un site web, d’un logiciel ou d’une application mobile à s’adapter à la diversité des capacités humaines et aux contraintes du quotidien.



            Des millions d'utilisateurs concernés : la réalité en chiffres

            On associe encore trop souvent le handicap à des situations rares. Les données statistiques nationales et internationales montrent pourtant une tout autre réalité.

            • en France : 14,5 millions de personnes, soit près de 28 % des plus de 15 ans, déclarent vivre avec une altération fonctionnelle ou un handicap (Source : DREES, Panorama du handicap).

               

            • à l’échelle mondiale : L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime à 1,3 milliard le nombre de personnes vivant avec un handicap significatif, soit 1 personne sur 6 (Source : OMS, Rapport mondial sur le handicap).

            Face à cette audience massive, où en est le monde du numérique ? Le constat reste mitigé. Selon l’étude annuelle WebAIM Million, plus de 95,9 % des 1 million de sites les plus visités présentent encore des erreurs d’accessibilité bloquantes (Source : WebAIM Million Report). Côté applications mobiles, l’absence de balisage pour les lecteurs d’écran ou des boutons d’action trop petits coupent quotidiennement des millions d’utilisateurs de services essentiels.

            Ce que recouvre l’accessibilité : la diversité des besoins

            Derrière le terme « accessibilité », on retrouve une grande variété de profils et de besoins ergonomiques qu’il convient de distinguer.

            Les déficiences visuelles : bien plus qu’une question de grossissement de texte

            La santé visuelle ne se résume pas à bien voir de près ou de loin. Elle touche 1,7 million de personnes en France (Source : Étude nationale Homère, Fédération des Aveugles de France). Sur une interface, trois besoins distincts émergent :

            • l’acuité visuelle (ex. flou, vision de près/loin, myopie, presbytie) : Elle nécessite la possibilité d’agrandir les textes sur smartphone ou navigateur sans briser la mise en page.
            ❌ À éviter
            Le zoom coupe le texte et déborde de la card.
            ✅ Bonne pratique
            Le texte s’agrandit et la mise en page se réorganise.
            • la sensibilité aux contrastes (ex. cataracte, glaucome, DMLA, rétinopathie diabétique, kératocône, fatigue visuelle) : Très fréquente et liée à de nombreuses pathologies ou à l’âge, elle empêche de lire un texte gris clair sur fond blanc, car l’œil ne distingue plus les nuances légères de luminosité.
            ❌ À éviter
            Ratio de contraste trop faible.
            ✅ Bonne pratique
            Ratio de contraste conforme.
            • la perception des couleurs (ex. daltonisme, achromatopsie, névrite optique) : Elle implique de ne jamais transmettre une information uniquement par la couleur (par exemple, un champ d’erreur signalé par un simple contour rouge sans texte ni icône explicatifs).
            ❌ À éviter
            Erreur signalée uniquement par un contour rouge.
            ✅ Bonne pratique
            Icône + texte explicite, indépendants de la couleur.

            La mobilité réduite et les troubles moteurs

             

            En France, 5,8 % des personnes en âge de travailler sont touchées par une limitation motrice (Source : INSEE, Enquête Santé et handicap).

            Sclérose en plaques, maladie de Parkinson, arthrose, tendinites chroniques ou simples tremblements : ces pathologies rendent l’usage d’une souris ou les gestes de précision sur un écran tactile très complexes. Ces utilisateurs ont besoin de zones cliquables plus larges, d’espacements suffisants, d’une ergonomie évitant les gestes complexes de défilement (scroll infini, glisser-déposer) et d’une navigation entièrement réalisable au clavier ou à la voix.

            ❌ À éviter
            La taille des zones de touche (Target Size)
            Zone cliquable trop petite.
            ✅ Bonne pratique
            La taille des zones de touche (Target Size)
            Action groupée dans un menu accessible.

            Les déficiences auditives

             

            Avec près de 7 millions de personnes concernées par une baisse d’audition en France (Source : Ministère de la Santé), la présence de sous-titres et de transcriptions textuelles sur l’ensemble des contenus vidéo et audio est indispensable pour garantir l’accès à l’information.

            Les troubles DYS, cognitifs et la clarté des interfaces

             

            Les troubles DYS (dyslexie, dyspraxie, dysphasie) touchent 6 à 8 % de la population (Source : Fédération Française des DYS).

            Pour ces utilisateurs, la surcharge d’informations et les éléments parasites sont de véritables freins. Les animations automatiques non contrôlables (carrousels défilants, vidéos en lecture automatique, bannières clignotantes) détournent l’attention, provoquent de la fatigue cognitive et perturbent gravement la lecture et la navigation au sein des parcours.

            Situations temporaires ou contextuelles : nous sommes tous concernés

            Il existe une réalité souvent oubliée : nous expérimentons tous, à un moment donné, des situations de gêne similaires à celles vécues par les personnes en situation de handicap.

            • les situations temporaires : Un poignet dans le plâtre après une chute, un œil dilaté chez l’ophtalmologue, une crise de migraine ou une otite aiguë nous placent temporairement dans l’incapacité d’interagir normalement avec nos écrans.
            • les situations contextuelles (l’environnement) :
            Penser l’accessibilité numérique, c’est donc améliorer le confort de 100 % de vos visiteurs, quel que soit leur contexte d’utilisation.

            En conclusion

            Concevoir une interface accessible, ce n’est pas brider le design : c’est créer un produit plus solide, plus lisible et plus résilient face aux aléas de la vie réelle. C’est tout l’enjeu de notre métier chez I SEE U, à travers nos audits ergonomiques et d’accessibilité qui transforment les points de friction en interfaces fluides et inclusives.

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